Toulouse le 4 mars,
Nous avons le plaisir de vous transmettre nos réponses aux questions de la FNE.
1 - Activité agricole
Mesdames et Messieurs les candidats,
Quelle politique régionale mènerez-vous pour :
1° réorienter l'agriculture vers une agriculture vraiment durable avec moins d'intrants et d’irrigation et plus de circuits courts, plus de place aux
infrastructures naturelles dans les exploitations ?
2° faire en sorte de rééquilibrer le territoire régional au profit des zones rurales ?
L’ensemble des propositions en faveur de l’agriculture sont disponibles ici. Parmi elles certaines sont plus directement liées à vos questions.
Nous souhaitons :
- aider au maintien et à l'établissement de paysan(ne)s par la constitution de réserves foncières agricoles, le soutien aux associations
travaillant à l’accueil et à l’installation, la création d’atelier-relais de transformation, l’aide aux transmissions-installations,
- Favoriser les prix rémunérateurs pour les agriculteurs - et accessibles à tous les consommateurs - par le développement des circuits courts (magasins paysans,
AMAP, structures locales de mise en marché, partenariats collectivité-producteur-transformateur pour les cantines…) qui renforcent aussi la notion de "consom’acteurs",
- Élaborer un Plan régional de développement de l’agriculture biologique en appuyant ses organisations professionnelles et en créant des emplois de production et
de distribution de cette filière sur des marchés de proximité (installation de maraîchers bio près des villes).
- Créer des "couveuses", lieux de parrainage, d’expérimentation et de soutien aux projets agricoles écologiques et sociaux, notamment ouverts aux jeunes.
- Apporter des aides spécifiques à l’agriculture de montagne, particu-lièrement au pastoralisme,
- Mieux gérer la ressource en eau. Arrêter les grands projets d’irrigation (Charlas) et développer des cultures de substitution au maïs.
- Soutenir l’élevage basé sur le pâturage et les aliments pour bétail produits localement. Lancer un Plan protéique végétal régional en
substitution au soja importé (gâchis énergétique et risque OGM).
- Inclure un volet "biodiversité" dans toute action agricole : conservation de semences paysannes, "Zéro
Pesticide", "Zéro OGM", préservation des terres arables face à l’urbanisation, appui aux pratiques agro-forestières, etc. (En lien avec les propositions placées plus loin sur les questions de
Biodiversité)
Les autres propositions concernent les questions de l’orientation de la recherche, de la biodiversité, de l’éco-conditionnalité des aides, d’économie d’énergie,
de tourisme diffus, structuration des filières ou de partenariat solidaire.
2 - Tourisme
Mesdames et Messieurs les candidats,
Comment interviendrez-vous pour orienter le tourisme vers un mode doux et durable, respectueux de la biodiversité et de la ressource en eau ?
Quelle politique voulez-vous développer pour la montagne dans un contexte d'incertitude (économique/climatique), et quel soutien envisagez-vous pour que se
développe une économie durable et diversifiée ne reposant pas uniquement sur le tourisme surtout hivernal ?
Vous pouvez consulter la fiche consacrée à la montagne ici. D’autres propositions concernant le tourisme sont présentes au travers
d’autres thématiques (Culture, Economie, Agriculture, Biodiversité, Aménagement … etc) car cette activité est transverse et le résultat de choix dans les nombreuses autres politiques. Nous
souhaitons :
- Promouvoir un véritable écotourisme - diffus dans le temps et l'espace - permettant de valoriser les efforts de
protection du vivant, de sensibiliser à son respect et d’apporter un vrai complément de revenu aux ruraux.
- Valoriser une vision élargie du patrimoine en promouvant des itinéraires touristiques nouveaux (montagnes,
paysages culturels, gastronomie, culture industrielle…) et articuler en synergie la programmation des festivals.
- Anticiper les effets du changement climatique en préparant la reconversion des emplois des stations de ski
(notamment de basse altitude). Créer une offre touristique "douce", diversifiée et à l'année, axée sur la culture ("gîtes culturels"), l'Histoire, des activités de plein air variées, et la
découverte du milieu.
- Valoriser le patrimoine culturel et historique en mettant en réseau toutes les initiatives aujourd'hui trop
éparses, et en créant un Festival International des Civilisations de Montagne. Élaborer une Charte sociale et environnementale que devront respecter les grands évènements sportifs et
culturels.
- Mettre en place un schéma de véloroutes et voies vertes favorisant le tourisme doux.
- Pour Europe Ecologie Midi-Pyrénées, les éco-conditionnalités dans les appels d’offres ou dans les choix d’aides aux activités sont un levier pour réorienter
les pratiques de manière transverse.
3 – Mobilités des ressources et des biens
Mesdames et Messieurs les candidats
Quelles politiques régionales voulez-vous mettre en oeuvre en matière de mobilité ?
Vous pouvez consulter la fiche consacrée aux transports ici. En réponse à votre question la plupart de nos propositions peuvent
être mise en avant. Nous souhaitons :
- Réorienter la politique de transports, marqueur d'une nouvelle donne économique, en internalisant les coûts
environnementaux et sociaux. Sensibiliser aux alternatives à la voiture, enjeu essentiel pour l'emploi, la santé et le climat. Refondre tout l'urbanisme en ce sens.
- Mettre les usagers et leurs associations au coeur du dispositif en créant un "Médiateur de la mobilité" chargé d'informer, d'écouter et de coordonner les
réformes.
- Fédérer les territoires autour d’un projet de transports en commun (syndicat mixte Loi SRU) intégrant un service de covoiturage régional. Mettre en place un
schéma des vélo-routes favorisant le tourisme doux.
- Créer un véritable Réseau Express Régional (RER) avec fréquences de trains renforcées en grande périphérie de Toulouse, Albi, Tarbes, Castres et Rodez.
Optimiser à bon coût le matériel roulant par des acquisitions sur le marché du reconditionné de qualité.
- Créer un "Pass Vert" pour assurer des correspondances gratuites avec métro, trams et bus à la sortie du train, ainsi que le transport à la demande dans les
gares de taille moyenne.
- Faciliter l’accessibilité des gares (aménagement handicapés, sécurisation quais, stationnement vélos) et en faire de vrais pôles d’échanges (commerces et
services de proximité).
- Maintenir les lignes TER en zones rurales (avec fréquence des arrêts en gare). Étudier la remise en service des lignes non radiales (Auch-Agen,
Cahors-Capdenac…). Se donner les moyens d'être opérateur public en termes de fret ferroviaire pour les entreprises reliées au rail (politique du "wagon isolé").
- Aider à la généralisation des Plans de Déplacements d'Entreprises (transport en commun, covoiturage, vélo, navettes vers gares…). Faire la même chose pour les
scolaires (offrir une "Prime vélo" aux lycéens).
- Concilier le TGV avec le développement des TER, la protection des territoires traversés et une vraie connexion à l'Europe du Sud. Privilégier, en concertation,
l'amélioration des lignes actuelles pour les tracés LGV en zones sensibles. Maintenir des trains rapides Toulouse-Paris desservant les gares du Lot et de l’Aveyron.
- Refuser tout projet de Traversée Centrale des Pyrénées n'intégrant pas au préalable la suppression des transports
inutiles, la potentialisation de l'existant (couloirs ferrés, cabotage maritime) et son inscription dans une vraie logique de ferroutage (refus du transit ferré ponctuel des
camions).
- Refuser toute autoroute entre Toulouse et Castres. Nous répétons à chaque occasion l’ineptie de ce choix qui privera de marges de manœuvres financières pour
d’autres opérations. Certains itinéraires routiers devront être sécurisés (pour stopper les camions en ville notamment).
4 – Biodiversité
Mesdames et Messieurs les candidats,
Quelles politiques régionales voulez-vous développer ou initier en faveur de la biodiversité ?
Quels moyens envisagez-vous pour accompagner efficacement la mise en place de laTrame Verte et Bleue dans la région ?
Vous pouvez consulter la fiche consacrée à la Biodiversité ici. Cette question est un un axe transversal de notre politique. Nous
souhaitons :
- Lutter activement contre toute forme de pollution de l'air, de l'eau, des sols (effet bénéfique sur la santé humaine) notamment en réduisant et recyclant nos
déchets. Relever le défi du "Zéro Pesticide" et "Zéro OGM".
- Valoriser les rivières, prairies, haies et forêts. Relancer la filière bois (soutien aux entreprises de bois d'œuvre, construction en bois certifié, chauffage
au bois) par une gestion éco-gérée du boisement avec des essences locales.
- Favoriser la protection et la restauration des espèces menacées (ours, loutre, lagopède, gypaète, grand tétras, bouquetin…), et lutter contre la prolifération
des espèces invasives et menaçantes (vison, frelon asiatique, tortue de Floride, balsamine de l’Himalaya…).
- Aider la filière apicole au vu du rôle déterminant des abeilles dans la survie des écosystèmes et participer au programme "Abeille, sentinelle de
l'environnement".
- Améliorer la qualité de l’eau et économiser cette ressource rare en appliquant les principes "pollueur-payeur" et "gaspilleur-payeur". Réduire les
irrigations coûteuses (notamment du maïs) et renoncer aux projets ruineux et obsolètes (tel le barrage de Charlas).
- Veiller à la conservation de la biodiversité cultivée en consolidant les ressources génétiques des variétés et semences, races locales et traditionnelles,
et en soutenant la valorisation directe des productions qui en sont issues. Inciter au jardinage éco-responsable favorable à la biodiversité ordinaire.
- Systématiser l’éducation à l’environnement et l’éco-citoyenneté. Faire essaimer la Maison de l’Environnement en s’appuyant sur le formidable réseau
associatif pour créer des centres de documentation, d’observation et d’interprétation de l’Environnement.
- Créer de nouvelles Réserves Naturelles Régionales (y compris par acquisitions foncières) et mettre en place des "Trames vertes et bleues" (Schéma Régional de
Cohérence Écologique) et des "infrastructures vertes" pour lutter contre la fragmentation des espaces (franchissement des barrières stériles que sont les grandes infrastructures).
- S'engager dans des actions de solidarité en soutenant les actions de sauvegarde de l'environnement dans des régions fragiles du globe.
5 – Energie
Mesdames et Messieurs les candidats,
Quelles actions déjà mises en oeuvre le Conseil Régional doit-il continuer ?
Soutenez-vous un rôle et/ou des objectifs différents ? Complémentaires ?
Vous pouvez consulter la fiche consacrée à l’Energie ici. Nous souhaitons que notre région devienne modèle en terme de réduction
de l’empreinte climatique avec comme objectif affiché de réduire par 4 d’ici 2050 nos consommations d’énergie et nos rejets de gaz à effet de serre.
L’annonce, presque précipité, en fin de mandat, par l’équipe actuelle, d’un « Plan Climat-Energie » n’est pas le signe d’un plan concerté et
chiffré.
Nous souhaitons :
- Lancer, après large concertation, un vaste programme
d'incitation à la création d'emplois dans les énergies renouvelables, les transports propres, les économies d'énergie, l'efficacité énergétique et l'éducation à l'éco-citoyenneté.
- Pré-conditionner toute action régionale (industrie, transport, formation, recherche, urbanisme, agriculture, tourisme,
culture, etc.) à la réduction de l’empreinte climatique.
- S’impliquer pleinement dans le Schéma Régional "Climat-Air-Énergie" prévu par le Grenelle de l'Environnement. Revoir, dans ce cadre, l’Agenda 21 régional et
établir enfin un vrai Plan Climat-Énergie.
- Devenir prescripteur de la mutation énergétique en orientant la commande publique vers des produits et services de proximité à haute qualité environnementale
et sociale, favorisant la relocalisation des flux et l'emploi. Adapter la fiscalité régionale en ce sens.
- Créer un fonds de garantie d’emprunt (en complément des aides directes) amplifiant le financement de projets urgents (réhabilitation thermique des bâtiments,
éco-construction de logements sociaux…) ou structurants (réseaux de chaleur au bois, unités de méthanisation, captation géothermique…).
- Promouvoir un service public local de l’énergie par la mise à disposition d’une expertise juridique et technique auprès des collectivités territoriales ayant
des réseaux d’énergie en concession.
- Soutenir la création d’entreprises d’insertion pour accélérer les programmes de lutte contre la précarité énergétique dans l’habitat (locataires ou
propriétaires à faibles ressources). Prioriser les aides aux économies d'énergie (isolation) au paiement partiel des factures.
- Prioriser l’implantation des centrales solaires photovolltaîques sur les terres non arables, Structurer et développer la filière bois.
- Renforcer l’information du public aux solutions énergétiques d'avenir, notamment en soutenant la création de postes de conseillers "info-énergie" (Un pour
50 000 habitants, c'est-à-dire 60 postes contre à peine 10 aujourd’hui).
- Maîtriser l’urbanisme afin de réduire les distances à parcourir entre travail, habitat et services au travers des outils de planification (SCOT, PLU, Plans de
transports…). Soutenir les petites localités dans la création de postes d’animateurs de Plan Climat et "d‘économes de flux".
- Redéployer les crédits pour la recherche, l'enseignement et la formation dans le sens du développement durable.
- Mettre en œuvre un schéma régional d’infrastructures pour privilégier le télétravail choisi aux déplacements subis. Soutenir les initiatives de
co-voiturage.
- Créer, avec des collectivités partenaires, un fonds de "solidarité climatique" en direction des pays du Sud utilisé au travers de projets concrets dans le
cadre de la coopération décentralisée.
7 – Education et formation
Mesdames et Messieurs les candidats,
En matière d’éducation à l’environnement, quels sont vos projets ?
Voulez-vous favoriser une formation professionnelle en adéquation avec le développement durable ; et dans ce cas de quelle manière ?
Vous pouvez consulter la fiche consacrée à la Pédagogie ici. Sur les précédents thèmes vous avez pu voir que nous pensions que
l’éducation avait un rôle clef et transverse pour promouvoir de nouveaux modes de consommations ou de productions, former aux question environnementales, d’où les propositions thématique en ce
sens dans chaque fiche : Agriculture, Biodiversité, …. etc.
D’autres propositions peuvent être avancées, nous souhaitons :
- Développer des formations vers des secteurs fortement créateurs d’emplois non délocalisables répondant aux
exigences écologiques : éco-rénovation, éco-construction, énergies renouvelables, transports collectifs, protection de la biodiversité, agriculture de proximité…
- Mettre en place un Schéma Régional pour la Recherche, l’Enseignement Supérieur et l’Innovation (SRRESI) axé sur
les enjeux du devenir planétaire, notamment les alternatives aux déplacements à l'ère du "post pétrole".
- Reconnaître pleinement le potentiel de la Valorisation des Acquis de l'Expérience (VAE), notamment pour le
bénévolat, en impliquant davantage les entreprises et en favorisant les relations entre économie et formation.
8 – Gouvernance
Mesdames et Messieurs les candidats,
Comment selon vous le Conseil Régional doit-il intervenir dans les questions de gouvernance liées aux territoires de Midi Pyrénées ?
Comment envisagez-vous concrètement d’améliorer le rôle d’animation en la matière du Conseil Régional ?
Comment voulez vous impliquer le Conseil Régional dans la territorialisation du Grenelle
Vous pouvez consulter la fiche consacrée à la Gouvernance ici. L’éco-conditionnalité des aides, dans les appels d’offres, ou pour les
garanties bancaires ont été présentées dans les précédents paragraphes.
Nous souhaitons :
- Nous impliquer fortement dans le débat national pour obtenir
de nouvelles avancées institutionnelles en termes de rationalisation territoriale et de décentralisation, afin que les Régions aient davantage de marge d'autonomie.
- Mettre pleinement en œuvre le droit à l’expérimentation pour les collectivités territoriales (Loi Organique de 2003). Engager à ce titre des rapprochements
avec les régions voisines afin de faire progresser la cohérence et la complémentarité entre territoires réels (inter-régions, accords trans-frontaliers).
- Se saisir au niveau du Conseil régional de compétences nouvelles sur la santé, le multilinguisme, la lutte anti-discriminations, la diminution de l'empreinte
climatique, etc. Dans ce cadre, faire de la Région le lieu privilégié de reconquête du droit à la santé (environnement sain, prévention sanitaire, mode de vie apaisé, protection sur le lieu de
travail, démographie médicale, accès aux soins…).
- Organiser annuellement un "Congrès Régional" - réunion conjointe d'élus départementaux, régionaux et des grandes agglomérations de Midi-Pyrénées - pour
définir, de façon enfin cohérente, les grandes orientations en matière d'aménagement du territoire, de transports, d'énergie, d'agriculture, de politique sociale, de culture, etc.
- Obtenir pour notre région - à l’instar de l'Alsace - la possibilité de négocier et de gérer directement avec la Commission Européenne les objectifs et la mise
en œuvre des programmes européens relevant de ses domaines de compétence.
- Penser la Région en garante des équilibres territoriaux, de la plurifonctionnalité des espaces et de la cohésion sociale de sa population. Pour cela, aider
partout au maintien et à la promotion des services publics.
- Mettre la Région en situation de donner l'exemple de bonnes pratiques sociales, économiques et environnementales en orientant ses propres commandes publiques
en ce sens.
- S'engager dans une gouvernance radicalement nouvelle et moderne : concertation citoyenne en amont de la décision, gestion collégiale de l'assemblée régionale,
et évaluation dans la transparence des effets des politiques engagées.
En espérant avoir répondu à vos attentes, bien cordialement,
L’équipe d’Europe Ecologie Midi-Pyrénées
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